Pittosporum kohuhu : plantation, taille et variétés
Le pittosporum kohuhu (Pittosporum tenuifolium) est un arbuste persistant originaire de Nouvelle-Zélande, résistant au vent, aux embruns et aux sols pauvres. Il supporte -7 °C à -10 °C en sol bien drainé. Idéal en haie, en isolé ou en pot, c’est aussi une excellente alternative au buis malade.

Fiche d’identité du pittosporum kohuhu
Caractéristique | Détail |
|---|---|
Nom botanique | Pittosporum tenuifolium |
Famille | Pittosporacées |
Origine | Nouvelle-Zélande (endémique) |
Type | Arbuste persistant |
Hauteur à maturité | 2 à 6 m (voire 10 m en milieu naturel) |
Croissance | 30 à 60 cm/an selon les conditions |
Floraison | Avril à juin, fleurs pourpre foncé parfumées |
Rusticité | -7 °C à -10 °C en sol bien drainé |
Exposition | Plein soleil à mi-ombre |
Sol | Bien drainé, tous types sauf gorgé d’eau |
Usages | Haie, isolé, brise-vent, pot, topiaire |
Atout principal | Résistance aux embruns, alternative au buis |
💡 Le saviez-vous ? Le nom Pittosporum vient du grec pitta (résine) et spora (graine). Les graines noires sont enrobées d’une substance collante qui facilite leur dispersion par les oiseaux.
Origine et histoire : le kohuhu, trésor néo-zélandais des Maoris
Le pittosporum kohuhu est une plante endémique de Nouvelle-Zélande. Dans son habitat naturel, il colonise les zones côtières, les lisières de forêts et les pentes exposées aux vents violents. Cette adaptation à des conditions difficiles explique sa robustesse légendaire dans nos jardins.
Un arbre sacré pour les Maoris
Pour les Maoris, premiers habitants de Nouvelle-Zélande, le kohuhu revêt une importance culturelle et pratique majeure. Ils exploitaient sa gomme aromatique pour créer des parfums naturels aux propriétés antiseptiques reconnues. Des décoctions d’écorce et de feuilles entraient dans leur pharmacopée traditionnelle, notamment pour traiter les affections cutanées. Planter un kohuhu près de la maison symbolisait l’ancrage territorial et la protection familiale.
Aujourd’hui, le pittosporum fait partie des essences natives utilisées dans les programmes de restauration écologique en Nouvelle-Zélande. Dans nos jardins, on peut s’inspirer de cette approche en l’intégrant dans des haies mixtes favorables à la biodiversité.
Description botanique : port, feuillage et floraison parfumée
Un port évolutif, du colonnaire au dôme
Jeune, le pittosporum kohuhu adopte une silhouette étroite et colonnaire, presque pyramidale. Avec les années (5 à 10 ans), sa ramure s’étale pour former un dôme arrondi plus généreux. Cette évolution naturelle en fait une plante parfaite aussi bien pour les espaces restreints que pour les grands jardins.
Un feuillage ondulé sur rameaux noirs
C’est LA signature du kohuhu. Ses feuilles mesurent 3 à 8 cm, de forme ovalaire avec des bords légèrement ondulés qui donnent du mouvement à l’ensemble. La surface est brillante, presque vernissée. Les rameaux sont brun foncé à noir, créant un contraste saisissant avec le vert du feuillage. L’écorce, elle aussi sombre, devient texturée avec l’âge et décorative en hiver.
Une floraison discrète mais envoûtante 🌸
En avril-juin, de petites fleurs pourpre foncé, presque noires, apparaissent aux aisselles des feuilles. Elles passent souvent inaperçues visuellement. En revanche, leur parfum de miel s’intensifie le soir et par temps humide. Il embaume littéralement le jardin au crépuscule. Ces fleurs attirent abeilles, bourdons et papillons nocturnes, faisant du kohuhu un précieux allié pour la biodiversité.
Après la floraison, des capsules ligneuses se forment. Elles s’ouvrent à maturité pour libérer des graines noires et collantes.
📊 Chiffre clé : La famille des Pittosporacées regroupe environ 200 espèces réparties dans l’hémisphère sud. Le Pittosporum tenuifolium est l’une des plus rustiques cultivées en Europe.
Les meilleures variétés de pittosporum kohuhu à choisir
Voici un comparatif des 8 cultivars les plus intéressants pour nos jardins :
Cultivar | Hauteur | Couleur du feuillage | Usage recommandé | Rusticité | Particularité |
|---|---|---|---|---|---|
Espèce type | 3-6 m | Vert foncé brillant | Haie, isolé | -8 °C | Référence polyvalente |
‘Tom Thumb’ | 1-1,5 m | Pourpre-bronze | Massif, bordure, pot | -7 °C | Couleur intense au soleil |
‘Golf Ball’ | 0,8-1 m | Vert argenté | Bordure, pot, topaire | -7 °C | Port naturellement rond |
‘Silver Queen’ | 2-3 m | Panaché vert/blanc crème | Haie légère, mi-ombre | -7 °C | Éclaircit les zones sombres |
‘Silver Sheen’ | 3-5 m | Gris argenté scintillant | Haie, écran | -8 °C | Effet lumineux unique |
‘Irène Patterson’ | 2-3 m | Marbré blanc/vert | Isolé, point focal | -6 °C | Le plus lumineux des panachés |
‘Garnettii’ | 2-4 m | Panaché vert/blanc rosé | Massif, isolé | -7 °C | Reflets rosés en hiver |
‘Warnham Gold’ | 2-4 m | Vert-jaune doré | Isolé, contraste | -7 °C | Feuillage lumineux et chaud |
⚠️ Ne choisissez pas une variété uniquement sur la couleur. Pensez d’abord à la taille à maturité disponible dans votre jardin. Un ‘Golf Ball’ reste sage ; l’espèce type peut dépasser 5 m.
Où et comment planter le pittosporum kohuhu
Choisir le bon emplacement selon votre région
Le pittosporum kohuhu s’adapte à de nombreux climats tempérés, mais il n’est pas à l’aise partout.
Zone climatique | Faisabilité | Conseils |
|---|---|---|
Littoral Atlantique, Bretagne, Normandie | ✅ Idéal | Pousse librement, supporte parfaitement les embruns |
Région méditerranéenne | ✅ Excellent | Arrosages en été les 2 premières années |
Région parisienne, Centre, Vallée de la Loire | ✅ Bon | Choisir un emplacement abrité, paillez en hiver |
Grand Est, Auvergne, zones continentales | ⚠️ Possible | Protéger des vents froids, éviter les cuvettes gélives |
Montagne au-dessus de 400-500 m | ❌ Déconseillé | Risque de gels répétés trop intenses |
En sol bien drainé et en situation abritée, le kohuhu peut supporter jusqu’à -10 °C. Ce qui le fait souffrir, c’est moins le froid que les vents froids desséchants et l’eau stagnante en hiver.
Quel sol préparer ?
Le pittosporum n’est pas capricieux sur la qualité du sol. Il tolère les terres pauvres, calcaires, sableuses. La seule condition absolue : un drainage parfait. L’eau stagnante au niveau des racines est sa pire ennemie.
Pour améliorer un sol lourd et argileux, mélangez-y du sable grossier et du compost mûr avant de planter. En sol très humide, créez une butte légère de 15 à 20 cm pour rehausser le niveau de plantation.
Guide de plantation pas à pas 🌱
Période idéale : printemps (mars à mai) ou début d’automne (septembre-octobre) en région douce.
- Faites tremper la motte dans un seau d’eau 15 à 20 minutes avant de planter.
- Creusez un trou deux fois plus large que la motte et de profondeur équivalente.
- Drainagez le fond avec 8 à 10 cm de graviers si le sol retient l’eau.
- Mélangez la terre extraite avec un tiers de terreau de plantation et une poignée de corne broyée.
- Posez la motte au centre, le collet au ras du sol (sans l’enterrer).
- Rebouchez et tassez légèrement. Formez une cuvette d’arrosage autour du pied.
- Arrosez abondamment, même si la pluie est prévue.
- Paillez sur 8 à 10 cm avec des écorces ou du broyat pour conserver l’humidité.
Distances de plantation selon l’usage
Usage | Espacement entre plants |
|---|---|
Haie libre | 1 à 1,5 m |
Haie taillée dense | 70 à 90 cm |
Isolé en massif | 2 m minimum des autres végétaux |
Brise-vent en rang double | 1 m en quinconce |
Culture en bac | Pot de 40 à 50 cm de profondeur minimum |
Pour le calendrier lunaire de plantation, privilégiez les jours racines pour favoriser un enracinement rapide et vigoureux.
Calendrier d’entretien du pittosporum kohuhu mois par mois
Mois | Tâche(s) à effectuer |
|---|---|
Janvier | Observer, protéger en cas de gel brutal avec voile d’hivernage |
Février | Vérifier l’état du paillage, le renforcer si nécessaire |
Mars | Apport d’engrais organique, taille de nettoyage légère |
Avril | Début de floraison, arrosage reprend, surveiller les jeunes plants |
Mai | Floraison en cours, ne pas tailler |
Juin | Taille post-floraison : idéale maintenant, avant la chaleur |
Juillet | Arrosage régulier si sécheresse, bouturage possible |
Août | Bouturage, arrosage, surveiller cochenilles en chaleur humide |
Septembre | Plantation possible en régions douces, apport de compost |
Octobre | Paillage du pied (8-10 cm), plantation en région froide à éviter |
Novembre | Installation du voile d’hivernage si zone limite de rusticité |
Décembre | Repos végétatif, observation de la structure et des rameaux noirs |
Taille du pittosporum kohuhu : quand et comment ?
Taille d’entretien et de formation
La taille n’est pas indispensable pour un sujet isolé. Mais elle permet de conserver un port harmonieux et de densifier la ramure. L’idéal est de tailler juste après la floraison, en juin, avant que les nouvelles pousses ne se lignifient.
Raccourcissez les pousses de l’année d’un tiers. Supprimez les branches mortes ou qui s’orientent vers l’intérieur. Aérez le centre de la plante pour favoriser la circulation de l’air.
Taille en haie
Pour une haie taillée dense et régulière, effectuez deux tailles par an : une en juin après la floraison, une légère retouche fin août. Utilisez un taille-haie pour les haies longues et des cisailles pour affiner.
Ne descendez jamais en dessous du bois de l’année précédente sur les zones où vous voulez maintenir du feuillage. Le pittosporum supporte bien la taille sévère, mais préférez des interventions régulières et douces.
Topiaire et formes architecturées
Le pittosporum kohuhu est l’une des meilleures alternatives au buis pour l’art topiaire. Son feuillage dense se prête admirablement aux formes géométriques : boules, cônes, pyramides. C’est d’ailleurs l’un de ses grands avantages sur le buis actuellement ravagé par la cylindrosporiose et la pyrale. Le kohuhu, lui, n’est pas concerné par ces maladies.
🌿 Astuce du jardin : Pour les formes topiaires, choisissez ‘Golf Ball’ (naturellement rond, peu de taille nécessaire) ou l’espèce type que vous formerez progressivement sur 2 à 3 ans.
Arrosage, fertilisation et hivernage
Arrosage
La première année après la plantation est critique. Arrosez généreusement une fois par semaine en période sèche. Ensuite, le pittosporum devient très autonome en pleine terre. Il tolère bien des périodes de sécheresse modérée.
En culture en bac, les besoins sont plus élevés : arrosez dès que le premier centimètre de substrat est sec, d’avril à septembre. En hiver, réduisez à un arrosage tous les 15 jours.
Fertilisation
Un apport d’engrais organique au début du printemps (mars-avril) et un apport de compost en automne suffisent largement. Évitez les engrais trop riches en azote qui fragilisent les pousses et les rendent sensibles au gel.
Vous pouvez utiliser des engrais naturels comme le compost de déchets végétaux, le fumier composté ou la corne broyée. Ces apports lents améliorent aussi la structure du sol à long terme.
Hivernage et protection contre le gel
En zone froide ou pour les jeunes plants de moins de 2 ans, quelques précautions s’imposent dès novembre :
- Paillez généreusement le pied sur 10 à 15 cm (paille, feuilles mortes, broyat)
- Enveloppez la plante d’un voile d’hivernage sur 2 à 3 épaisseurs si les températures descendent sous -5 °C
- En pot, rentrez le bac dans une pièce lumineuse et hors-gel (véranda, garage avec fenêtre)
- Protégez le pot lui-même avec du papier bulle ou de la toile de jute
Si votre pittosporum a subi des dégâts de gel (brunissement ou noircissement des feuilles), ne paniquez pas. Attendez avril-mai avant de tailler les parties abîmées. La plante repart souvent de la base si les racines sont intactes.
Pittosporum kohuhu : associations de plantes réussies
Le pittosporum kohuhu s’intègre naturellement dans les massifs méditerranéens et les haies mixtes. Son feuillage persistant et structurant offre un fond idéal pour de nombreuses plantes.
Associations gagnantes :
- Lavandes et romarins : même affinité pour le sol drainé et le soleil, les fragrances se mêlent agréablement
- Graminées (Stipa, Carex, Pennisetum) : le contraste de textures est saisissant, l’ensemble est très graphique
- Cistes méditerranéens : même rusticité, floraison printanière complémentaire
- Phormiums et agapanthes : pour un style contemporain ou exotique assumé
- Eleagnus ebbingei : feuillage argenté qui contraste magnifiquement avec le vert brillant du kohuhu
- Oranger du Mexique (Choisya) : feuillage persistant parfumé, floraison blanche printanière
Pour enrichir la haie en pollinisateurs, alternez avec des arbustes à fleurs comme le ceanothus ou la spirée. Retrouvez aussi nos idées de fleurs au potager pour attirer encore plus d’auxiliaires dans votre jardin.
💡 Les formes panachées comme ‘Silver Queen’ ou ‘Irène Patterson’ servent de points lumineux dans les zones mi-ombragées. Elles fonctionnent particulièrement bien en contrepoint de feuillages sombres (laurier-tin, eleagnus).
Pittosporum kohuhu : la meilleure alternative au buis ?
La question mérite d’être posée clairement. Le buis (Buxus sempervirens) est ravagé depuis plusieurs années par deux fléaux : la pyrale du buis (Cydalima perspectalis) et la cylindrosporiose (taches foliaires fongiques). Résultat : des haies entières dépérissent dans toute la France.
Le pittosporum kohuhu présente plusieurs avantages solides face à cette situation :
- Aucune sensibilité connue à la pyrale ni à la cylindrosporiose
- Feuillage persistant dense, comparable au buis pour l’effet haie ou topiaire
- Tolérance à la taille architecturée et aux formes géométriques
- Croissance un peu plus rapide que le buis, ce qui permet de reconstituer plus vite une haie
- Floraison parfumée que le buis n’offre pas
Son seul point faible face au buis : une rusticité légèrement moindre en zone très froide et continentale. En revanche, dans les régions littorales et le Sud, il surpasse le buis sur tous les plans.
Bouturer le pittosporum kohuhu : le protocole complet
La multiplication par bouturage est la méthode la plus simple et la plus fiable pour reproduire le pittosporum. Elle permet en outre de conserver exactement les caractéristiques du cultivar parent.
Période idéale : juillet à septembre, sur pousses semi-aoûtées.
Protocole étape par étape :
- Prélevez des boutures de 10 à 15 cm sur des pousses de l’année, bien fermes mais pas encore ligneuses.
- Supprimez les feuilles du bas, conservez 3 à 4 paires au sommet.
- Taillez la base en biseau juste sous un nœud.
- Trempez la base dans de la poudre d’hormone d’enracinement (AIB, Acide Indole Butyrique).
- Plantez dans un mélange à parts égales de sable et de terreau de semis.
- Placez sous cloche ou dans un propagateur pour maintenir l’humidité.
- Maintenez à 18-20 °C, à la lumière mais hors soleil direct.
- Attendez 6 à 8 semaines : l’enracinement est confirmé quand de nouvelles feuilles apparaissent.
- Rempotez individuellement et laissez passer un hiver avant de planter en pleine terre.
Ne bouturez pas trop tôt en saison (les pousses trop tendres pourrissent) ni trop tard (le bois trop dur s’enracine difficilement). Juillet-août est la fenêtre idéale.
Maladies et problèmes courants : diagnostic et solutions
Le pittosporum kohuhu est globalement très robuste. La plupart des problèmes viennent d’un sol mal drainé ou d’une exposition inadaptée.
Symptôme observé | Cause probable | Solution |
|---|---|---|
Feuilles qui jaunissent | Sol gorgé d’eau, racines asphyxiées | Améliorer le drainage, réduire les arrosages |
Dépôts noirâtres sur feuilles (fumagine) | Cochenilles (miellat) | Pulvérisez eau + savon noir + huile végétale |
Feuilles déformées, miellat | Pucerons sur jeunes pousses | Savon noir dilué, ou laisser les coccinelles agir |
Taches brunes ou blanches sur feuilles | Oïdium ou taches foliaires (conditions humides) | Améliorer la circulation d’air, taille d’aération |
Feuillage bruni après hiver | Dégâts de gel ou vent froid | Attendre mai, tailler le bois mort, la plante repart |
Croissance stoppée, dépérissement | Pourriture racinaire | Sol trop humide, replanter en position drainante |
Feuilles qui tombent massivement | Renouvellement naturel (normal) OU stress hydrique | Observer : si les nouvelles feuilles repoussent, c’est normal |
🌿 Astuce du jardin : En cas de doute sur l’état d’une branche après le gel, grattez légèrement l’écorce avec l’ongle. Si le dessous est vert, la branche est vivante. Si c’est brun sec, taillez jusqu’au bois sain.
Le pittosporum kohuhu s’impose aujourd’hui comme l’un des arbustes persistants les plus polyvalents pour le jardin contemporain. Résistant, décoratif toute l’année, précieux pour les pollinisateurs et parfaitement adapté aux haies structurantes, il mérite largement sa place au jardin. Choisissez la variété adaptée à votre espace, soignez le drainage à la plantation, et il vous récompensera pendant des décennies.
FAQ : vos questions sur le pittosporum kohuhu

Moi, c’est Martin, maraîcher de métier depuis maintenant neuf années. Je passe mes journées entre les semis, les récoltes et la gestion du sol. Sur le-blog-du-jardinage.fr, je sors de mes serres pour vous transmettre un savoir-faire concret et éprouvé. Je vous partage les techniques pro qui fonctionnent vraiment pour obtenir un jardin généreux, sain et productif.





